vendredi, avril 3, 2026

Suppression des privilèges superflus des ministres : Le culot précurseur de l’ex-ministre Majesté Ihou Wateba…

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Plus de prise en charge, par le Trésor public, des consommations d’électricité et d’eau des résidences privées des ministres (Lire ici : https://www.letabloid.tg/2025/05/24/residences-privees-des-ministres-le-tresor-public-ne-prendra-plus-en-charge-les-consommations-delectricite-et-deau/ ). La mesure, annoncée au travers d’une lettre circulaire par l’argentier du gouvernement et abondamment relayée par la presse, est bien appréciée de l’opinion. La suppression de ce privilège séculaire, parmi tant d’autres accordés, à tort ou à raison, aux membres du gouvernement et autres commis de l’Etat, donne du baume au cœur des Togolais qui voient en cette décision de la justice sociale. Elle apporte surtout de l’eau au moulin de Prof Majesté Ihou Wateba, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Et pour cause…
L’avocat Ihou Wateba
On ébauchait dans l’article susmentionné le courage d’un membre du gouvernement qui s’était illustré en avocat des populations, lors d’un conseil des ministres où était étudié un projet d’augmentation du prix du kWh, se dressant contre la prise en charge des consommations d’électricité des ministres à leurs domiciles privés par l’Etat et s’attirant la foudre de ses collègues. Il s’agissait en fait de Prof Majesté Ihou Wateba, qui occupait dans le premier gouvernement de Mme Victoire Tomegah-Dogbe, le poste de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
A en croire une confidence audio faite par Majesté Ihou Wateba à un de ses proches, à l’annonce par la circulaire du ministre de l’Economie et des Finances officialisant la mesure de suppression des privilèges concernant l’électricité et l’eau, mais qui s’est retrouvée sur les réseaux sociaux, les factures d’électricité de certains membres du gouvernement donnaient le tournis. Il avait interpellé directement le Chef de l’Etat qu’il avait appelé « Boss », Faure Gnassingbé, de même que le Premier ministre Victoire Tomegah-Dogbe. Ce culot, nous revient-il, avait provoqué le courroux de ses collègues qui voyaient en lui un rabat-joie ou un gâcheur de privilèges et lui avait coûté son isolement. Prof Majesté Ihou Wateba était donc ce ministre incompris, mais à qui la mesure de suppression vient aujourd’hui donner raison.
« Sur la forme, c’est un peu gênant qu’une confidence privée se retrouve sur les réseaux sociaux. On peut bien lui reprocher d’avoir révélé les secrets d’un conseil des ministres, souvent comparable à ceux d’un couvent où les membres sont censés être solidaires, même dans le mal et n’en piper mot, surtout pas aussi publiquement, et continuer de s’entretenir aux frais de la princesse », confie un confrère qui avoue faire partie «de ces Togolais qui n’appréciaient pas trop ce ministre, pas plus que beaucoup d’autres d’ailleurs des différents gouvernements». « Mais sur le fond, et je le dis malgré moi, c’est un bon combat qu’il menait, et cela l’anoblit », concède-t-il.
Selon les indiscrétions, au cours d’une réunion à la Primature, le même ministre aurait suggéré la prise d’une note circulaire demandant aux ministres de ne pas allumer leur groupe électrogène en cas de délestage, ou lorsqu’ils devraient le faire, d’en faire profiter les riverains en allumant les lampadaires de leurs rues car, croit-il fermement, « les ministres doivent donner le bon exemple et en cas de délestage, se montrer solidaires des populations ». Cette disposition, nous revient-il, devrait être étendue aux directeurs généraux et à tous les hauts responsables de l’administration…
Une amélioration possible de la gouvernance
« Félicitations au Professeur Ihou Wateba pour cette prise de parole honnête et courageuse ! Peu de responsables osent remettre en question certains privilèges, surtout dans un cadre aussi sensible. Son intervention rappelle que la justice sociale doit commencer par l’exemplarité des dirigeants eux-mêmes. Dans un contexte où les efforts sont demandés à tous, il est essentiel que les ministres et hauts responsables montrent la voie. Merci à lui pour ce message fort, et que cela inspire d’autres à défendre l’intérêt général avec la même sincérité ».
Cette réaction, sur la toile, d’un compatriote suite à une publication sur la sortie du ministre Ihou Wateba est sans doute partagée par bien des Togolais. Ce n’est pas trop tôt, la mesure aurait dû être prise depuis bien longtemps. Mais mieux vaut tard que jamais, dit-on. C’est une décision de justice sociale qui s’inscrit parfaitement dans la réduction du train de vie de l’Etat, des dépenses publiques tant réclamée par les porte-voix des populations, relance plus que jamais la problématique de l’amélioration de la gouvernance, pour le bonheur du peuple, ou à défaut, son mieux-être.
La gouvernance actuelle tant décriée n’est pas une fatalité. Elle peut être améliorée pour peu que l’on le veuille au sommet. Faure Gnassingbé, aujourd’hui Président du Conseil, peut encore rallier ses contempteurs à sa cause, en multipliant ces genres de mesures sociales de suppression des privilèges superflus, en tout cas non indispensables aux commis de l’Etat ou de concession de certains avantages aux populations. Ce serait aussi une façon de poursuivre le mandat social clamé, même sous la 5e République…
« Je ne sais pas si cette position que j’avais défendue à l’époque était extraordinaire». Contacté, l’ex-ministre Majesté Ihou Wateba se la joue modeste, ne voulant pas en rajouter. « Mais je crois fermement qu’il est encore possible que la 5e République que l’on appelle de tous les vœux soit celle de la satisfaction des attentes de la population », dit-il, convaincu que « ce n’est pas tant la personne de Faure Gnassingbé qui pose problème », mais son entourage où « tout le monde ne l’aide pas à prendre en compte les problèmes des populations». Dans cette dynamique, certaines voix suggèrent qu’il mette en place un « shadow cabinet » ou « un organe d’écoute qui recenserait les vrais problèmes des citoyens » et lui permettrait de les résoudre selon les priorités à définir.

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