Rendre compte de façon périodique à ses électeurs et à la population de ses actions de députée, c’est un devoir qu’elle s’est assigné. Ce mardi 29 septembre 2026, l’Honorable Kafui Adjamagbo-Johnson s’y est sacrifiée, au cours d’une rencontre avec la presse au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) à Lomé. Un exercice dit d’ « acte de responsabilité démocratique » qu’elle a effectué en présence des responsables des autres composantes de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP).
Cette reddition de comptes, la députée l’a axée autour de plusieurs piliers : son combat pour l’alternance et l’application de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, sa contribution à la mission législative depuis le début de l’année 2026, ses interpellations adressées au gouvernement, la sortie des élus DMP auprès des populations sinistrées par les inondations, ses actions menées au cours de la 5e session parlementaire de l’Assemblée parlementaire francophone à Yaoundé…
Arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO
Contexte institutionnel, constitutionnel et politique marqué par l’arrêt du 06 mai 2024 de la Cour de justice de la CEDEAO sur la modification constitutionnelle de mai 2024 au Togo oblige, Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson indique avoir usé de son statut de député et engagé un « plaidoyer structuré » auprès d’acteurs institutionnels divers à mêmes de contribuer au changement au Togo.
Dans cette dynamique, elle a saisi les diverses instances de la CEDEAO et de l’Union africaine, les institutions internationales, multilatérales et partenaires institutionnels dont le Secrétariat Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la Délégation de l’Union européenne, des représentations diplomatiques majeures au Togo dont celles de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis d’Amérique, des institutions parlementaires régionales et internationales, des parlements occidentaux dont le Bundestag allemand, l’Assemblée nationale et le Sénat français, le Congrès américain, etc.
La député informe avoir aussi interpellé des organisations de défense des droits de l’Homme dont Amnesty International, des institutions financières internationales intervenant dans la gouvernance économique comme la Banque Mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), des autorités et organisations religieuses du Togo, de même que des fondations œuvrant dans le domaine de la médiation, de la paix et de la gouvernance, en l’occurrence les Fondations Koffi Annan et Thabo Mbeki.
Contribution à la mission législative
L’élue du peuple évoque et motive son boycott de l’ouverture combinée de la première session ordinaire de l’année 2026 et la 17e Conférence des présidents des Assemblées francophones, ses votes pour ou contre divers projets de loi « guidés par le souci de défendre les intérêts des populations et les droits et libertés individuelles », les sorts de certains…
Concernant le projet de loi relatif aux aires protégées, Mme Adjamagbo-Johnson a tenu à souligner que son opposition ne visait nullement la protection de l’environnement, mais le manque de garantie suffisante des droits des populations riveraines. « Je n’avais pas de réponse convaincante sur les questions d’indemnisation suite à des expropriations à l’occasion de créations d’aires protégées, de relogement des communautés déplacées et de maintien des droits des populations que j’ai soulevées. Mon vote contre traduisait ainsi une exigence de meilleure protection des populations concernées », explique-t-elle.

Interpellations au gouvernement restées sans suite
Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson relève avoir adressé aux autorités compétentes plusieurs interpellations individuelles ou conjointes avec d’autres élus de l’opposition portant sur des sujets graves, concrets et parfois sensibles. Parmi eux, l’existence légale et les objectifs de l’association dite « Les sentinelles du peuple », le dossier Laté-Kopé, l’affaire de détournement de fonds à l’OTR, la situation des détenus politiques, la suite à réserver à l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, la récente augmentation du prix du carburant à la pompe, etc.
« Aucune des questions au gouvernement, y compris quasiment toutes celles posées lors de sessions précédentes – la liste a été communiquée aux journalistes, Ndlr – n’ont reçu de réponse à ce jour », dénonce l’élue. Pour elle, « cet état de chose traduit un manque de volonté politique patent du gouvernement illégitime et désormais illégal de rendre compte à l’Assemblée nationale qui, pour sa part, semble avoir renoncé à sa mission de contrôle de l’action gouvernementale ».
Autres actions
Mme Adjamagbo-Johnson a, une fois de plus, fustigé les entraves aux activités de reddition de comptes parlementaire, pourtant essentielle dans une démocratie, évoquant particulièrement les obstacles à sa tournée nationale dans les régions des Savanes et de la Kara en mars 2025…Elle a aussi relevé la sortie des élus DMP auprès des populations sinistrées par les inondations en juin-juillet 2026 dans le Grand-Lomé.
Actions importantes, la saisine, à l’occasion de la 51e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie tenue à Yaoundé au Cameroun du 7 au 12 juillet dernier, des parlementaires francophones, en marge des travaux, pour leur transmettre des documents importants sur la situation politique, institutionnelle et sécuritaire du Togo, l’arrêt ECW/CCJ/JUD/01/26 du 29 janvier 2026 de la Cour de justice de la CEDEAO, le mémorandum des regroupements porteurs du Manifeste Génération Togo relatif à la situation institutionnelle et parlementaire du Togo, entre autres, histoire de leur permettre de « disposer d’éléments clairs, documentés et vérifiables sur la situation du Togo » ou « nourrir leurs réflexions et encourager des initiatives parlementaires appropriées en faveur du respect des principes démocratiques et de l’alternance pacifique » au Togo.
Cette rencontre de reddition de compte intervient, faut-il le rappeler, dans le contexte du triste 2e anniversaire de l’agression perpétrée au siège de la CDPA le 29 septembre 2024 contre les responsables de la DMP, leur invité le député sénégalais Guy Marius Sagna et les journalistes présents pour la couverture. C’était donc l’occasion pour l’Honorable Kafui Adjamagbo-Johnson de dénoncer le black-out sur les enquêtes annoncées ouvertes mais dont les résultats ne sont pas publiés à ce jour. A l’en croire, conjointement avec ses collègues députés de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), ils ont posé à l’Assemblée nationale le 26 janvier 2026 une question orale sur ce dossier. « A l’heure où se tient la présente conférence de presse, aucune suite n’a été donnée à cette question orale », regrette-t-elle.
Au demeurant, l’élue du peuple appelle le gouvernement à « répondre clairement aux questions qui lui sont adressées, notamment celles relatives aux suites de l’agression du 29 septembre 2024 au siège de la CDPA, mais surtout celles qui sont d’actualité politique et sociale brûlantes et qui concernent l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la récente augmentation du prix du carburant ». Mais également les populations à « se mobiliser autour des mots d’ordre des acteurs de l’opposition pour obtenir qu’à travers l’application effective de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, nous puissions enfin parvenir à la libération de notre pays de la dictature »…


