mercredi, octobre 14, 2026

Risque de sabordage du régime togolais dans l’affaire du Tchadien arrêté à Lomé pour impayé de facture d’hôtel

Partagez

Un membre d’un groupe rebelle tchadien arrêté à Lomé pour impayés de facture d’hôtel. L’affaire a entre-temps fait grand bruit et été relayée par des médias, dont Radio France International (RFI). Le temps aura permis d’avoir d’amples éléments pour comprendre les dessous. Tout porte à croire que le groupe tchadien est victime de sa confiance (sic) au régime togolais. Une confiance que le pouvoir de Lomé gagnerait, en retour, à rétribuer, au risque de se faire hara-kiri dans sa nouvelle politique de négociateur dans les crises sur le continent africain…
En effet, convoqué le 17 septembre 2026 par le Service central de recherche et d’investigation criminelles (SCRIC), sur plainte de l’hôtel Sarakawa où il logeait depuis son arrivée à Lomé le 5 mai, Luc Beyam, le Secrétaire Général du Mouvement pour la paix, la reconstruction et le développement (MPRD), est toujours gardé en vue. Il lui est reproché des impayés de facture d’environ 15 millions de FCFA. Depuis bientôt un mois, l’affaire n’est pas encore réglée. Mais comment s’est-il retrouvé à Lomé et à quelles fins ?
En effet, le séjour de Luc Beyam à Lomé, selon les informations, s’inscrit dans le cadre des négociations de paix initiées par le gouvernement tchadien avec les mouvements contestataires. A en croire une source proche du dossier, les responsables du MPRD ont rejeté les propositions d’Addis-Abéba ou de Dakar à eux faites par le régime tchadien pour accueillir les négociations et ont plutôt suggéré Lomé, se fiant à la posture du pouvoir togolais dans les affaires des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et les succès (sic) engrangés. Proposition que N’djamena a acceptée.
C’est après ces préalables que le MPRD a envoyé à Lomé son Secrétaire Général, Luc Beyam, pour remettre les propositions de résolution de la crise du mouvement à un émissaire du pouvoir tchadien dépêché dans la capitale togolaise. Arrivé à Lomé depuis le 5 mai 2026, Luc Beyam logeait à l’hôtel Sarakawa, nous revient-il, sur réservation d’ailleurs des autorités de N’djamena. Pour les deux premiers mois de son séjour, les frais d’hôtel et autres commodités auraient été honorés par le pouvoir tchadien. Mais depuis, N’djamena ne paie plus. D’où le cumul d’impayés de Luc Beyam qui s’établit à environ 15 millions de FCFA, sa convocation et son arrestation. Il est défendu par Me Dodzi Apevon.
L’affaire n’est pas encore réglée et d’aucuns redoutent, à l’allure que prennent les choses, son extradition vers le Tchad. Son arrestation, soit dit en passant, ne donne déjà pas une bonne image du régime togolais. Et il risque de se faire hara-kiri avec une éventuelle extradition. Ce serait un très mauvais coup que le pouvoir donnerait soi-même à sa nouvelle posture de négociateur en chef dans les crises sur le continent africain.
« Le régime gagnerait à être sage dans la gestion de cette affaire, sinon il doucherait ses propres efforts pour se donner une bonne image (…) Une éventuelle extradition aura l’effet de dissuader tout recours à ses services et sonnerait le glas de sa nouvelle trouvaille diplomatique», redoute un observateur averti au sujet de ce dossier. Il évoque deux pistes : soit le régime togolais paie lui-même la facture, soit il convainc N’djamena de le faire. Ainsi Luc Beyam se verrait restituer son passeport, ce qui lui permettrait de rentrer. Et cela ne lui déplairait point…
Dans un contexte où il s’échine, à grand tapage médiatique, à ripoliner son image sur le continent africain et même mondialement – le dernier acte en date est l’initiative ‘’Correct the map’’ conduite à l’ONU ayant abouti à des résultats probants -, le régime de Lomé gagnerait, en tout cas, à régler avec tact cette affaire Luc Beyam, au risque de porter un coup à son nouveau filon de négociations dans les crises à des fins de dividendes diplomatiques et politiciennes…

Nos derniers articles

Articles similaires