Expulsée comme un malfrat lors de sa tournée parlementaire de contrôle de l’action gouvernementale et de reddition des comptes aux populations dans le septentrion, Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson est amplement revenue sur ses mésaventures, au cours d’une rencontre de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) avec la presse le mercredi 25 mars au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) à Lomé. Conférence de presse au cours de laquelle elle a également fait part des raisons cachées de ces maltraitances à elle réservées, des soupçons de détournement derrière les chantiers en souffrance, etc.
A en croire la députée, contrairement aux racontars, toutes les formalités administratives nécessaires ont été faites à l’endroit des autorités compétentes – ministre de l’Administration territoriale, Préfets, etc.-, de même qu’un suivi régulier. Mais dans la plupart des cas, ces autorités n’ont pas daigné lui répondre. C’est dans ce contexte qu’elle a engagé sa tournée et est arrivée le 19 mars 2026 à Dapaong. Même les visites de courtoisie aux autorités locales à l’arrivée de sa délégation n’ont rien changé. Elle et son équipe ont été éconduites de la région des Savanes et escortées jusqu’à Naboulgou, localité sis à la limite avec la région de la Kara.
« Aucun répit n’a été accordé à la délégation. Il lui a été refusé jusqu’à la possibilité de se restaurer ou de se préparer avant le départ. Sous haute surveillance, la députée et son équipe ont d’abord été escortées chez les sœurs hospitalières Yendoubé où elles ont logé, par un important dispositif de forces de sécurité : gendarmes, policiers et unités d’élite dont plusieurs éléments étaient cagoulés », rapporte la DMP dans sa déclaration rendue publique à l’occasion de la conférence de presse.
« Un hélicoptère a survolé la zone de l’hôpital des sœurs hospitalières Yendoubé pendant que la députée et les membres de la délégation ont été autorisés à monter un à un dans leurs chambres respectives, pour faire leur valise les uns après les autres. Ensuite le convoi, encadré par deux jeeps, l’une en tête, l’autre en queue, transportant chacune six agents des forces de l’ordre, a accompagné la délégation jusqu’à Naboulgou où l’escorte a pris fin », poursuit le regroupement politique.

La députée n’a pas connu meilleur traitement au sujet de ses activités prévues à Kara les 23 et 24 mars 2026. Ses appels au préfet n’ont eu aucune réponse. « A cette situation inquiétante se sont ajoutés des coups de fil anonymes et numéros masqués demandant à la députée et à sa délégation de ne mettre pied dans la Kara sous aucun prétexte (…) Ce cocktail ainsi que de nombreuses concertations ont amené la députée à faire le choix de la préservation de vies humaines en anticipant une probable journée noire dans la Kara », souligne la DMP.
Au cours de sa tournée, l’élue du peuple devrait visiter des chantiers d’infrastructures ouverts depuis des lustres mais abandonnés. Il s’agit des barrages de Dalwalk à Dapaong et de la Kozah, du marché de Dapaong, notamment le pont de chargement des céréales, des routes OTR Carrefour Bar Jéricho et SOS Village d’enfants pour Dapaong, ainsi que des routes Kara-Kabou-Bandjeli, et du nouveau pont de Kara-ville. Mais elle n’a pas eu la chance d’y mettre pied et procéder aux constants d’usage. Presque tous ces chantiers sont abandonnés alors que ce sont des milliards FCFA qui y ont été investis. Et pour la DMP, « sans doute qu’une bonne partie (des fonds) est détournée à d’autres fins ».
Pour Brigitte Adjamagbo-Johnson et les siens, ces incidents orchestrés cachent mal la volonté du régime de dissimuler des choses, verrouiller le septentrion et le présenter comme acquis à sa cause. Mais la députée ne compte pas en rester là…


