Bien qu’en vogue, le secteur de l’économie numérique n’est pas assez réglementé, ni le travail encadré et les acteurs des plateformes protégés. C’est cette anomalie que veulent corriger les centrales syndicales du Togo en implémentant, avec le soutien technique et financier du Bureau international du travail (BIT), un projet sur les travailleurs de l’économie des plateformes. Dans ce cadre, leur Coordination organise, du lundi 24 au mercredi 26 août au CESAL à Lomé, un atelier de renforcement des capacités aux fins de formulation de positions syndicales communes.
« (…) Derrière la flexibilité promise par certaines plateformes, peuvent parfois se cacher de nouvelles formes de précarité, des revenus instables, une absence de protection sociale, des honoraires imprévisibles, une prise en charge insuffisante des accidents de travail, une absence de représentation collective, la dépendance à des systèmes automatisés de notation et algorithmes ou des difficultés à déterminer clairement le statut professionnel des travailleurs », dépeint Martin Bougonou Djobo, Secrétaire Général de la Confédération générale des cadres du Togo (CGCT) et Porte-parole de la Coordination des centrales syndicales du Togo (CCST). Et de résumer la responsabilité des centrales syndicales : faire en sorte que la transformation numérique de l’économie soit également une transformation sociale juste, inclusive et respectueuse des droits des travailleurs.

« Une position syndicale est une vision stratégique qui exprime ce que les travailleurs veulent changer. Elle définit les priorités d’actions, propose des solutions et sert de références dans les espaces de dialogue social et de négociation, donne de la cohérence à l’action syndicale et renforce la capacité d’influence du mouvement syndical», souligne Mme Kattia Moreno Paredes, spécialiste des travailleurs au Bureau du BIT à Abidjan. Et de rappeler utilement ses attentes de cette session de formation : « permettre au monde syndical togolais de construire une vision commune de ce que doit être le travail décent dans l’économie de plateformes, capable de guider l’action syndicale dans les années à venir, d’influencer les réformes futures, porter les attentes des travailleurs des plateformes».
Pour outiller les participants, provenant des structures de l’économie numérique et des organisations syndicales, plusieurs modules dont « Le travail sur les plateformes numériques au Togo », « Contexte de l’économie de plateformes au Togo » et « Présentation de la Convention 193 » pour leur permettre de comprendre l’économie de plateformes et ses impacts sur le travail ; « Droit des travailleurs, protection sociale et normes internationales », « Qualification du statut d’emploi et enjeux », « Renforcer le pouvoir collectif des travailleurs de plateformes grâce à la liberté syndicale et à la négociation collective » et « Le dialogue social et la représentation » pour les aider à cerner les droits des travailleurs, la protection sociale et les normes internationale ; et « Comment élaborer une position syndicale »…

Cette session de formation, à en croire Hodabalo Kera, le Coordonnateur du projet, n’est que la première étape d’une dynamique inaugurée visant à renforcer les capacités des acteurs à formuler des positions syndicales cohérentes afin d’intervenir efficacement dans le dialogue social et la négociation collective. La suivante devra permettre de consolider ces acquis, développer une position syndicale commune, engager le gouvernement sur le travail de réglementation de l’économie de plateformes et in fine élaborer un document de position.


