samedi, mars 28, 2026

Un front citoyen de libération nationale envisagé au Togo

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Au Togo, l’on tend vers la formation d’un front de libération nationale contre le « coup de force de mai 2024 », entendu la modification constitutionnelle ayant basculé le pays dans un régime parlementaire. Et il devrait être constitué, non pas des politiques, mais des « citoyens patriotes et engagés » pour ce combat. C’est en tout cas un appel lancé par la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) suite à un séminaire tenu les 14 et 15 novembre 2025. L’annonce publique a été faite ce vendredi 5 décembre 2025, au cours d’une rencontre avec la presse au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA).
« Face à ce mur d’intransigeance et au verrouillage antidémocratique des espaces de liberté, rendant impossibles toutes voies à l’alternance, mais aussi aux manifestations pacifiques, le peuple n’aura d’autre choix que celle de la désobéissance civile inscrite dans la constitution de 1992 en situation de coup de force comme c’est le cas », souligne la DMP dans une déclaration rendue publique suite aux « conclusions alarmantes » des travaux de son séminaire sur la crise de légitimité et la nécessité d’une transition démocratique au Togo, faisant part de « sa plus vive indignation et sa profonde inquiétude face à la dégradation continue de la situation sociopolitique au Togo ».
Le regroupement politique invite les forces vives de la nation à « exiger la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et l’instauration d’une amnistie générale permettant le retour sécurisé de tous les exilés, condition sine qua non à une réconciliation nationale véritable », mais en plus « appelle urgemment à la formation d’un front de libération nationale composé des citoyens patriotes et engagés contre le coup de force de mai 2024 », convaincu que « seule cette unité permettra de créer les conditions de la libération nationale ». Ce front changerait donc d’avec les regroupements précédents de par sa nature, citoyen et non politique.
Au-delà de la dénomination, il faut simplement y voir une énième tentative d’union et de remobilisation populaire pour une reprise de la lutte pour l’alternance démocratique. « Nous avons besoin d’un rassemblement des forces démocratiques et des acteurs politiques pour défendre la démocratie dans notre pays (…) Nous avons réfléchi à la question au cours de notre séminaire et la DMP se donne comme objectif de réconcilier les forces de l’opposition en vue de sceller une union qui nous permettra de créer un rapport de forces», détaille le Coordonnateur Général de la DMP,  N’wakin Sambiri Targone.
Cette sortie était également l’occasion pour la DMP de se prononcer sur l’actualité politique et peindre un tableau noir de la gouvernance du régime en place. Elle s’est notamment prononcée sur le discours sur l’état de la Nation effectué mardi devant le Parlement par le Président du Conseil Faure Gnassingbé, le qualifiant de « cynisme intellectuel », dénonçant des incohérences constitutionnelles, politiques, la légitimation de l’impunité…Le regroupement politique fustige aussi « la mal gouvernance et la faillite des élites », entendu leur silence face aux événements, le mutisme dit complice de la communauté internationale, etc.
A la DMP, l’on est persuadé que « la mobilisation populaire totale et permanente est la seule alternative viable pour mettre fin au régime des Gnassingbé puisque ce dernier a choisi la voie de l’autocratie » et en trouve le fondement dans l’esprit de l’article 150 de la Constitution 1992 (devoir de défendre la forme républicaine de l’État et l’ordre constitutionnel). « L’heure n’est plus aux atermoiements. L’avenir du Togo nous appartient tous. C’est dans la mobilisation et la détermination que nous tracerons, ensemble, le chemin vers une véritable

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