samedi, mai 9, 2026

L’ANC cherche la vérité et les assassins de Sylvanus Olympio

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A l’Alliance nationale pour le changement (ANC), l’on tient résolument à connaitre la vérité historique sur l’assassinat, le 13 janvier 1963, de Sylvanus Olympio, père de l’indépendance du Togo, surtout les auteurs. Dans cette perspective, le parti formule à l’endroit du gouvernement togolais des exigences. Lesquelles tournent autour de la déclassification des archives gardées par les autorités françaises et ont été rendues publiques au cours d’une conférence de presse ce mardi 13 janvier 2026, triste 68e anniversaire de ce meurtre du premier Président du Togo indépendant.
Que le gouvernement togolais « demande officiellement aux autorités françaises la déclassification et l’ouverture complète et sans restrictions des archives relatives à l’assassinat du Président Sylvanus Olympio », « œuvre résolument à la manifestation de la vérité historique sur les circonstances, les responsabilités et les complicités ayant entouré ce crime politique fondateur » et « engage toutes les diligences politiques et diplomatiques voire judiciaires destinées à déverrouiller ce dossier pour enfin libérer la nation togolaise de son passé sombre et non assumé », telles sont les exigences formulées par l’ANC, dans sa déclaration liminaire rendue publique à cette occasion.
Au sein de cette formation politique, l’on voit de l’obscurantisme manifeste du pouvoir. « Toutes les ruses, tous les subterfuges, toutes les menaces, toutes les atteintes aux droits et libertés, toutes les manipulations politiques et les falsifications de l’histoire sont mobilisées par le système RPT-UNIR pour empêcher la manifestation de la vérité sur ce drame. Tout est fait pour repousser cette échéance comme si le système portait une tache indélébile qu’il veut cacher ad vitam aeternam », souligne-t-elle.

Jean-Pierre Fabre, le Président national de l’ANC

Le parti trouve même un lien avec le refus de l’alternance : « L’impossibilité de l’alternance politique au Togo s’explique essentiellement par la volonté d’empêcher qu’un nouveau pouvoir démocratiquement installé ne remonte au meurtre de 1963 pour constater les mensonges qui fondent le système RPT-UNIR (…) Si nous ne réglons pas ce problème, nous ne serons jamais en démocratie. Un pouvoir né d’un assassinat ne peut pas dire la vérité de lui-même. C’est pourquoi le combat pour la démocratie est indissociable du combat pour la vérité historique ».
Jean-Pierre Fabre et les siens fondent leur requête sur une proposition de feu Mgr Nicodème Barrigah, alors Président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) qui, en novembre 2012, considérant l’importance du règlement de cette question dans la normalisation et l’apaisement de la situation sociopolitique togolaise, prescrit au gouvernement togolais de demander à la France, l’ouverture des archives de 1963 sur l’assassinat du Président Sylvanus Olympio.
Ils veulent voir le Togo prendre exemple sur d’autres pays ayant effectué, par devoir de mémoire, cette démarche pour connaitre la vérité sur des événements de leur histoire. Les cas du Cameroun qui a obtenu des autorités françaises, en 2023, l’ouverture des archives sur la guerre menée contre son peuple dans les années 1945-1971, de l’Algérie pour la guerre d’indépendance et du Burkina Faso pour l’affaire Sankara. « Pourquoi le Togo ne ferait-il pas une démarche similaire auprès des autorités françaises ? », se demandent-ils, convaincus qu’ « après 63 ans, aucun argument sérieux ne peut justifier le maintien d’un embargo sur les archives ».

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