mardi, mars 10, 2026

Tranchées toujours présentes, habitants piégés, l’inquiétude grandit à Latékopé

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Bien que le gouvernement ait ordonné la cessation des travaux dans l’affaire de Latékopé, les riverains et acquéreurs des parcelles affirment vivre toujours dans la crainte et l’incertitude. Face à la presse dimanche 22 février 2026, ils ont exprimé, avec l’appui des mandataires des collectivités propriétaires, leurs inquiétudes quant à une possible tentative de les déposséder de leurs terrains et à la poursuite des difficultés qu’ils subissent depuis le début du chantier.

Sur le site, seuls trois ou quatre piliers de clôture ont été renversés et certains barbelés retirés. Les tranchées, elles, restent largement visibles. Une passerelle permet, certes, aux habitants de circuler, mais elle a été aménagée par les riverains eux-mêmes dans la matinée de ce dimanche afin de faciliter le passage des véhicules. « Cette passerelle, c’est nous qui l’avons arrangée ce matin pour qu’on puisse circuler. Pourtant, l’État a ordonné de refermer les tranchées et d’enlever tous les piliers. Mais les tranchées sont toujours là et seuls quelques piliers ont été retirés. Ils ont juste fait un petit passage, qui a d’ailleurs été détruit par la dernière pluie », explique Kountondja Boldja, acquéreur dans la localité.

Appel aux autorités

Pour les habitants, ces aménagements seraient destinés à les pousser progressivement à quitter les lieux, notamment en aggravant les risques d’inondation. « Regardez ces tranchées, elles vont jusqu’au fleuve Zio. Lorsqu’il pleuvra, toute l’eau viendra ici et nous serons inondés. Ils ont déplacé les sables de façon à bloquer l’écoulement naturel. Ils ne nous demanderont pas directement de partir, mais les conditions feront que nous partirons de nous-mêmes », dénonce-t-il. Il évoque également des risques pour la sécurité des habitants. « Si un adulte tombe dans ces tranchées, pourra-t-il en sortir ? Et si c’est un enfant ? Certaines habitations sont très proches. Il y a un réel danger d’effondrement des maisons».
Face à cette situation, les riverains lancent un nouvel appel aux autorités, notamment à Faure Gnassingbé, qu’ils considèrent comme le seul à même d’intervenir efficacement. « Nous demandons au Président du Conseil de prendre cette affaire au sérieux. Nul n’est au-dessus de la loi. Nous sommes tous Togolais. On peut vivre paisiblement avec sa famille et, du jour au lendemain, voir des tranchées creusées autour de sa maison, empêchant toute activité normale. C’est lui seul qui peut nous sortir de cette situation », affirme Kountondja Boldja.

 

Une affaire qui dure depuis plusieurs semaines

L’affaire remonte à plusieurs semaines et a été révélée par le reportage d’un confrère journaliste. Les habitants racontent avoir découvert un matin des engins en train de creuser des tranchées, sans information préalable. La présence de gendarmes armés aurait même empêché toute approche du chantier. Les riverains disent s’être d’abord tournés vers le chef de quartier, puis vers la mairie, qui a dépêché une équipe technique pour constater les faits. Celle-ci aurait finalement ordonné l’arrêt des travaux. Mais, selon les habitants, les opérations ont continué pendant deux semaines.

« Malgré tout, ils ont continué les travaux. Donc ils ont pris deux semaines pour creuser les tranchées. Après avoir fini de creuser les tranchées, ils sont venus avec les piliers en béton que vous voyez. Ils ont commencé par implanter ces piliers. Et il y a une troisième équipe qui était en train de mettre les barbelés. Donc, dépassé par cette situation, on est sorti pour manifester notre mécontentement face à cette situation », a souligné Boldja. Les journalistes présents ont pu parcourir la zone et constater l’existence de travaux que les acquéreurs jugent illégaux.

Contrairement à certaines informations diffusées ces derniers jours, des habitations existent bel et bien sur le domaine, même si elles sont peu nombreuses. Et elles éprouvent de grandes difficultés pour se déplacer vers l’extérieur du domaine, notamment pour aller chercher de l’eau ou amener leurs enfants à l’école.
Avant l’aménagement de la passerelle, les élèves devaient traverser les tranchées sous les barbelés pour se rendre à l’école. Autant de contraintes qui, selon eux, illustrent l’ampleur du calvaire qu’ils dénoncent depuis le début des travaux.

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