Après 2011, 2016 et 2022, le Togo sera de nouveau évalué à l’Examen périodique universel (EPU) en janvier 2027. Un processus prenant en compte les rapports alternatifs des acteurs de la société civile et autres institutions de défense des droits de l’Homme et nécessitant de leurs fournir des outils nécessaires pour contribuer efficacement à sa réussite. Aux fins d’y contribuer efficacement, une cinquantaine d’acteurs de la société civile provenant de tout le territoire et de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) sont en consultation nationale à Lomé, depuis ce mardi jusqu’au jeudi 16 avril. Autour du thème « Renforcement de l’apport de la société civile et de la CNDH dans l’élaboration des rapports alternatifs ». Objectif, les outiller en vue de l’élaboration efficace de ces rapports alternatifs attendus.
« Durant ces trois jours, nous allons renforcer nos capacités afin de nous permettre de contribuer de manière efficace, pertinente et structurée à l’élaboration des rapports alternatifs qui seront soumis dans le cadre du 4ᵉ cycle de l’EPU. Il s’agit de transformer nos observations de terrain en des rapports alternatifs rigoureux, crédibles et constructifs pour favoriser la formulation de recommandations pertinentes pour l’amélioration de la situation des droits de l’Homme au Togo », souligne Me Claude Amegan, le Président du Conseil d’administration du Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT), rappelant l’obligation que leurs données « doivent être le reflet fidèle des aspirations des citoyens togolais à la justice, à la liberté et à la dignité ».

Organisée par le CACIT, en collaboration avec la CNDH, avec l’appui technique du Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH BRAO) et de l’Universal period review info (UPR) et l’appui financier de Pain pour le monde (PPLM), cette consultation nationale lancée en présence d’un représentant du ministre de la Justice et des Droits humains, en la personne de Gafaou Abdou Akpaou, vise à consolider la contribution de la société civile (défenseurs des droits de l’Homme, journalistes, syndicalistes) et de la CNDH au processus. Spécifiquement, les organisateurs ambitionnent de renforcer les capacités des participants sur les techniques de collecte des données, de consolidation des informations recueillies et d’élaboration des rapports alternatifs et rendre disponibles des données en vue de l’élaboration des rapports alternatifs.
Les participants sont censés se voir, au cours de la première journée, renforcer les capacités sur les techniques d’élaboration du rapport alternatif, les enjeux et les interactions entre les acteurs. Les deux autres journées seront consacrées à la collecte des données sur la situation des droits de l’Homme au Togo, à l’état des lieux de la mise en œuvre des recommandations du 3e cycle de l’EPU en relevant les avancées et les défis en matière des droits de l’Homme au Togo. Au menu, des travaux de groupes thématiques, une séance de restitution des travaux…

A l’issue du dernier EPU du Togo à Genève, faut-il le rappeler, c’étaient deux cent vingt-quatre (224) recommandations qui avaient été formulées, le gouvernement en avait accepté cent quatre-vingt-deux (182) et noté quarante-deux (42). Dans le rang des défenseurs de droits de l’Homme, l’on concède depuis lors des avancées notables : mise en place des mesures de prévention et de répression de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles, promulgation des mesures législatives et administratives contre le travail des enfants…Mais des défis persistent : restrictions de l’espace civique, recul dans le classement mondial de l’état de droit en 2025, non-adoption du Code de procédure pénal, impunité des actes de violation des droits de l’Homme et de corruption, mauvaises conditions de détention et surpopulation carcéral accrue…
Créé en 2006 par l’Assemblée Générale des Nations Unies et permettant d’examiner la situation des droits de l’Homme dans chacun des États membres, l’EPU est un examen holistique se déroulant tous les cinq (05) ans avec pour objectif non seulement d’améliorer la situation des droits de l’Homme, mais aussi évaluer les progrès réalisés, identifier les défis, échanger les bonnes pratiques et favoriser la coopération avec les autres organes de protection des droits de l’Homme.


