Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 12 juin à Lomé, les membres du Cadre de réflexion et d’action pour le changement (CRAC) signataires de la Charte de l’opposition ont lancé un appel à la mobilisation générale contre le régime de Faure Gnassingbé. Un appel solennel à la désobéissance civile qui débutera officiellement le lundi 23 juin 2025, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » et de « confiscation du pouvoir » par le chef de l’État.
« Le peuple togolais en a assez». Tel est le cri du cœur qui a résonné dans la salle de conférence du siège de l’ANC à Lomé, où se sont réunis ce 12 juin 2025 les représentants de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), des Forces Démocratiques pour la République (FDR) et de plusieurs organisations de la société civile dont le Front Citoyen Togo Debout et Novation Internationale.
Dans leur déclaration liminaire lue devant la presse, les organisateurs n’ont pas mâché leurs mots. Ils dénoncent les 20 ans de règne de Faure Gnassingbé comme « un long tunnel de régressions politiques, économiques et sociales », marqué par des violations graves des droits humains, des tueries postélectorales et un braquage constitutionnel rendu possible grâce à une récente révision de la Constitution en l’absence de tout référendum. « L’imposition d’une Constitution taillée sur mesure pour prolonger un règne illégitime est un acte de haute trahison», ont-ils martelé.

Se fondant sur l’article 150 de la Constitution de 1992, les signataires affirment que chaque citoyen togolais a le devoir de désobéir à toute autorité illégitime. Ils rejettent en bloc la Constitution de la 5ᵉ République, récemment imposée, et en appellent à la mobilisation pacifique mais résolue de tous les Togolais. « Ce n’est pas un appel symbolique, c’est une exigence morale, politique et historique », affirment-ils.
Le message salue également l’émergence d’une conscience nouvelle au sein de la jeunesse togolaise, en particulier les actions courageuses de figures telles que Sokpor Sittsope alias Affectio et Tchala Essowè Narcisse alias Aamron qui, avec d’autres influenceurs, ont contribué à briser le mur de la peur. Les manifestations des 5 et 6 juin derniers, bien que violemment réprimées, ont été perçues comme les prémices d’un soulèvement citoyen.
Des recommandations concrètes seront annoncées dans les prochains jours. Les organisateurs invitent d’ores et déjà chaque secteur – syndical, associatif, économique, étudiant – à se préparer à entrer en résistance, par des actions pacifiques de désobéissance visant à « faire échec à l’autorité illégitime ». « Chaque citoyen doit s’y engager. Chaque secteur doit s’y préparer », soulignent-ils.
Le discours de l’ANC, des FDR et de la société civile insiste sur la fin des querelles internes dans l’opposition et appelle à l’unité des forces démocratiques, au Togo comme dans la diaspora. « Le moment est venu de construire la convergence sur la base de la vérité, de la solidarité et de la confiance», lit-on dans la déclaration.
Enfin, les signataires exhortent la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies à ne plus cautionner, par leur silence complice, un régime qui piétine les valeurs démocratiques. « Le Togo n’est pas une monarchie. Dans une République, le pouvoir appartient au peuple », concluent-ils.


