Dans le secteur du bois et bâtiment, ont lieu, en tout silence, des licenciements collectifs récurrents et parfois/souvent abusifs, laissant de nombreux travailleurs et leurs familles dans la galère. L’Union syndicale des travailleurs des entreprises nationales et multinationales du bois, bâtiment et travaux publics (USYNEM-BTP) a braqué les projecteurs sur le fléau. C’était au cours d’un atelier de réflexion ce vendredi 31 octobre 2025 à l’Hôtel La Concorde à Lomé, sur le thème « Licenciements dans les ENM/B&B : Défis, enjeux et perspectives de solutions durables ».

« Nous avons organisé cette journée de réflexion pour analyser les causes et proposer des solutions à la multiplication des cas de licenciements dans nos secteurs. C’est un phénomène qui fragilise la stabilité sociale et économique des travailleurs et de leurs familles », indique Mensa Olobi, Secrétaire Général de l’USYNEM-BTP. « Les licenciements sont devenus fréquents, parfois abusifs, sans respect des procédures prévues par le code du travail. Plusieurs entreprises évoquent des raisons économiques. Sans dialogue ni accompagnement social, les travailleurs sont souvent mis à la porte, sans préavis ni indemnité », déplore-t-il.
Conscientiser les acteurs du monde du travail en général et notamment les employeurs du secteur du bois et de la construction sur le fléau, tel est l’objectif général de cette initiative qui, spécifiquement, vise à sensibiliser et mobiliser les acteurs sur ces licenciements en cours dans les entreprises, identifier les causes endogènes et exogènes, analyser les impacts sur les travailleurs et l’économie du secteur et, in fine, proposer des pistes ou stratégies efficaces et réalistes susceptibles d’endiguer ce fléau social et économique.

« Les licenciements ont un impact sur la sécurité de l’emploi, qui devient précaire (…) Ils affectent le pouvoir d’achat qui se dégrade et la qualité de vie de ces travailleurs et des personnes dont ils ont la charge, vu que le travailleur a en charge plusieurs personnes », souligne Mawugno Kossi Amoussouvi, le Secrétaire confédéral chargé de l’administration de la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT).
La vingtaine, les participants provenant des entreprises du secteur, mais également des organisations syndicales d’autres secteurs ont été entretenus sur le fléau par Agbenyo K. Atadi, inspecteur du travail à la retraite. Dans sa communication qui a tenu en haleine les participants et suscité beaucoup d’intérêt, de par l’actualité et la sensibilité de la problématique, le communicateur a évoqué les généralités sur les licenciements, la réglementation les encadrant, les différents types de licenciements, mis l’emphase sur le motif économique souvent prétexté (sic) par les employeurs du secteur pour justifier les licenciements collectifs.

Parmi les défis identifiés, figurent l’obligation de se conformer à la réglementation pour garantir un travail décent, l’interdiction d’employer des temporaires à des travaux dangereux, de les payer en-dessous du salaire de base de sa catégorie, l’obligation pour l’employeur de se conformer aux textes en matière de protection, santé et sécurité au travail. Au registre des perspectives tenant lieu de pistes de solutions explorées, il suggère la révision de la convention collective du secteur en l’arrimant au code du travail et au SMIG, la vulgarisation des dispositions légales nouvelles en rapport avec le secteur (tâcherons, formes de contrats de travail et leur mise en œuvre), la mise en place d’un mécanisme d’information et de sensibilisation axé sur les travaux temporaires et précaires, la mise en œuvre de programmes d’éducation ouvrière…
A côté de celles suggérées par le communicateur, les organisateurs et les participants ont identifié des pistes de solutions au fléau : renforcement du dialogue social et de la présence syndicale sur les chantiers, respect des procédures légales de licenciement, mise en place d’un mécanisme d’alerte et d’accompagnement des travailleurs menacés, application du code du travail même querellé, implication des représentants des travailleurs dans les prises de décisions, fourniture d’informations claires et précises sur les défis auxquels font face les entreprises, promotion de solutions concertées privilégiant la protection des emplois, etc.


