samedi, mai 9, 2026

Premier test réussi pour l’opposition requinquée à Akassimé

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Le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC) a tenu son pari. Celui de remobiliser les Togolais autour de la contestation de la 5e République et de la lutte pour l’instauration de la démocratie, le respect des droits et libertés et le changement au Togo. Le meeting populaire annoncé, le tout premier de ce regroupement de partis politiques et d’organisations de la société civile, s’est bien tenu ce samedi 09 mai 2026 à Akassime. A la grande satisfaction des responsables du CNCC.

Jean-Pierre Fabre lors de son intervention

« Nous voulons un changement de gouvernance, parce que le Togo est une dictature, un système de corruption endémique, des services sociaux en déliquescence, un pays qui n’avance pas (…) La 5e République est là essentiellement pour permettre une monarchisation du pouvoir, une disparition de l’esprit de la République et permettre à une même dynastie de se perpétuer. Il faut y mettre fin et je suis très heureux de voir aujourd’hui que les Togolais disent de nouveau non», indique Prof David Dosseh, Premier porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD).
Sur la mobilisation, les organisateurs se disent agréablement surpris. « Franchement, nous n’espérions pas qu’il y ait autant de monde. On se disait que c’est une première sortie et que ce sera certainement mitigé. Mais j’avoue que nous sommes satisfaits », se félicite Prof Dosseh qui, dans son intervention au début du meeting, a présenté leurs excuses à une bonne partie de l’assistance constituée majoritairement de femmes pour n’avoir pas prévu un apatam pour les protéger du soleil, redoutant une faible mobilisation.

Aperçu de la mobilisation

« On a souvent dit qu’il n’y a plus d’opposition au Togo, que la 5e République est en marche et qu’il n’y a plus rien à faire. Le peuple togolais a démontré qu’il est encore debout, qu’il n’accepte pas », jubile-t-il.
Les interventions des leaders du CNCC à ce meeting que ne s’est pas fait conter Me Zeus Ajavon qui a fait le déplacement d’Akassimé, malgré le poids de l’âge, ont tourné autour de sujets liés à l’actualité sociopolitique : détournements de deniers publics, arrestation du compatriote Affectio, sortie de Christian Trimua sur la Constitution de la 5e République (il s’est fait beaucoup tourner en dérision par Jean-Pierre Fabre), nomination des militaires préfets, décoration du Président de la République par le Président du Conseil, souffrances de la jeunesse togolaise, entre autres. C’était aussi l’occasion de raconter les coulisses de la mise en place du CNCC, les efforts faits pour concilier des acteurs…

Me Dodji Apevon esquissant des pas de danse

Mais l’un des faits marquants aura été l’autocritique notoire des acteurs, leur profil bas et surtout l’appel au respect mutuel et à la cohésion au sein de l’opposition. Du Prof David Dosseh à Me Dodji Apevon des Forces démocratiques pour la République (FDR) en passant par Prof Komi Wolou du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), tirant sans doute les leçons du passé, on a convié les Togolais épris de changement à éviter les médisances sur les leaders, les opposants eux-mêmes à éviter les querelles intestines. «Aucun opposant ne doit plus s’en prendre à son frère opposant. Si quelqu’un le fait, il affaiblit l’opposition et conforte le régime », indique Prof Komi Wolou. Et d’appeler les jeunes à se lever et s’approprier la lutte, convaincu qu’elle est la leur.
Un dernier appel et non des moindres, Me Dodji Apevon a convié les Togolais à associer à la lutte les prières, convaincu qu’elle est aussi spirituelle….

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