mardi, août 4, 2026

Le trio GAID-CRESED-KAS fait des femmes de la Kara et des Savanes des coproductrices de la sécurité

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Lomé et notamment l’hôtel El Doria sis à Baguida abrite, du mardi 04 au jeudi 06 août 2026, un atelier de renforcement de la résilience communautaire et de la veille sécuritaire des femmes des régions de la Kara et des Savanes. Dans le cadre du programme Dialogue pour la sécurité en Afrique subsaharienne (SIPODI) de la Konrad Adenauer Stiftung (KAS) et du projet « Les braves sentinelles de la paix dans les régions de la Kara et des Savanes au Togo ». Objectif, les outiller à coproduire la sécurité dans ces régions les plus en proie aux fléaux du terrorisme et de l’extrémisme violent au Togo.
« L’extrémisme violent ne s’implante pas uniquement par la force des armées, mais aussi et peut-être surtout par une offre insidieuse de services, de sécurité, de justice parallèle, d’appui financier là où l’Etat est perçu comme absent. Dans ces dispositifs, la femme occupe une place centrale souvent illisible que les groupes armés cherchent à influencer», souligne Dr Tobias Rüttershoff, le Directeur du programme SIPODI du KAS, concevant les femmes de ces deux régions notamment comme doublement vulnérables, à la fois victimes potentielles et vecteurs malgré elles du phénomène, « des cibles privilégiées des recruteurs » du fait de « la vulnérabilité économique, (de) la pression sur les marchés frontaliers, mais aussi (des) stratégies d’infiltration par les mariages et le tissu social ».

Table d’honneur au lancement

« Un peu d’argent quand la récolte n’a pas été bonne et que la faim menace, un soutien quand un enfant est malade et, progressivement, il prend place dans la famille. Les recruteurs de ces groupes extrémistes (…) se présentent en bienfaiteurs. Plus vous acceptez leur soutien, plus vous vous endettez à leur endroit et le jour où vous connaissez leur vrai visage, vous leur devez le silence, des renseignements ou encore leur offrir un hébergement », renchérit Mme Edem Yawa Gameti, Présidente du Groupe d’appui aux initiatives de développement (GAID), sur le mode opératoire des recruteurs.
Co-organisée par le GAID et le Centre de recherche et d’étude sur la sécurité et le développement (CRESED), représenté à la cérémonie de lancement par son Directeur exécutif Prof Kossi Mawuli Agokla, avec le soutien financier et technique de la Fondation Konrad Adenauer, la rencontre enregistre la participation d’une quarantaine de femmes leaders d’organisations féminines (coopératives et autres associations) de ces deux régions du septentrion. Il ne s’agit nullement de faire des participantes des agents de renseignement, mais les premières observatrices et la première ligne de défense des communautés, des coproductrices de la sécurité et des sentinelles de la paix dans leurs communautés et ces régions.
Cet atelier est une contribution certaine de ces organisations à la consolidation des mécanismes de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent au Togo, par la réduction de la vulnérabilité des femmes face au phénomène, au moyen du renforcement de leur rôle de leadership et de surveillance communautaire. Plus spécifiquement, il ambitionne de former des éducatrices aux techniques de détection et de signalement sécurisé des comportements suspects, renforcer la confiance et la collaboration entre les femmes et les forces de défense et de sécurité (FDS), développer la mise en place de dispositifs traditionnels/modernes d’alerte précoce, notamment les clubs de « mères éducatrices », dans les communautés et encourager le leadership et la résilience des femmes et des jeunes pour réduire les influences extrémistes.

Vue des participants

Représentant le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Commissaire principal Abalo Abi a trouvé, en ouverture des travaux en présence du maire de la commune du Golfe 6 Pierre Kossi Amenyenou, du Chargé d’affaire de l’ambassade d’Allemagne au Togo Johaness Klotz, l’initiative opportune pour «construire ensemble des solutions adaptées aux réalités des communautés » et développer « un véritable réseau de femmes éducatrices capables de promouvoir la paix, la vigilance citoyenne et la résilience communautaire », bien en phase avec les efforts du gouvernement en termes de rapprochement FDS populations civiles à travers le développement de la police de proximité, du dialogue communautaire, des mécanismes d’alerte précoce et des initiatives locales de prévention consacrés par le Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CIPLEV).
Pour les outiller, une session pour comprendre la menace de l’extrémisme violent avec focus sur les tactiques de manipulation spécifiques aux femmes, les techniques de détection et de signalement des comportements suspects ; d’autres portant sur l’alerte précoce, la sécurité et la communication avec les FDS, notamment comment identifier un changement de comportement, signaler une menace sans se mettre en danger ; sur le leadership et la résilience ponctuée de partage d’expériences sur les groupements et coopératives de femmes ; et un module sur la co-production de la sécurité communautaire, une stratégie qui associe les FDS, les populations locales et la société civile, la finalité même de l’atelier.

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