lundi, mai 18, 2026

C189 : Les centrales syndicales engagent un plaidoyer pour une ratification

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La Convention 189 de l’Organisation internationale du travail (OIT) ratifiée par le Togo pour un mieux-être des travailleuses et travailleurs domestiques. C’est le vœu des centrales syndicales du Togo. Et dans cette perspective, elles envisagent un plaidoyer auprès du gouvernement. Le document élaboré qui en tient lieu a été l’objet de partage avec les parties prenantes du processus ce mardi 23 septembre 2025 au cours d’un atelier multi-acteurs au Centre d’éducation spirituelle pour l’apostolat des laïcs (CESAL) à Lomé.

Amener le gouvernement à accélérer les procédures nécessaires de ratification de cette Convention sur le travail domestique, tel est l’objectif du plaidoyer en perspective des centrales syndicales qui, de façon spécifique, vise à renforcer le cadre réglementaire et législatif de ce travail au Togo, améliorer l’accès des travailleuses/travailleurs domestiques aux services sociaux de base et leurs conditions de vie et de travail. « Nous voudrions que les autorités soient réceptives à ce plaidoyer pour que la ratification soit effective dans les jours et mois à venir », souhaite Baba Awoula Yati, porte-parole des centrales syndicales. Et d’appeler les autres partenaires sociaux à rejoindre la dynamique.

Table d’honneur

A l’occasion, le document a été présenté de fond en comble par le consultant, Dodzi Kwami Kpondzo aux participants dont les représentants des diverses centrales, organisations syndicales et autres structures impliquées. Ayant pour socle la Convention C189, le plaidoyer en donne un large aperçu, précise les champs d’application personnel et matériel, vante les droits fondamentaux des travailleurs domestiques dont leur protection contre toute forme d’abus, de harcèlement et de violence, statue sur les conditions de rémunération, le droit à la sécurité et santé au travail, à la sécurité sociale, les normes d’encadrement de leur recrutement, les mécanismes de règlement des différends, etc.

Tout en reconnaissant les efforts déployés par le gouvernement pour le renforcement de la protection du travail, de la sécurité sociale et du dialogue social, les centrales syndicales déplorent la faible couverture des travailleurs domestiques par les lois nationales. Exposition aux violences et harcèlements, salaires en-dessous des minima réglementaires, nombre d’heure de travail élevé, absence de bénéfice de protection sociale, tels sont les goulots d’étranglement relevés par les partenaires sociaux, ce qui crée un cercle de vulnérabilité de ces travailleurs – une étude réalisée en 2023 par le Centre de recherche et d’action sur les droits économiques, sociaux et culturels (CRADESC) sur les droits économiques, sociaux et culturels des travailleurs domestiques, sur fond de statistiques, en donne un aperçu.

Photo de famille des participants

L’argumentaire des centrales syndicales pour persuader les décideurs se base sur les retombées politiques, économiques et sociales positives d’une éventuelle ratification de la C189. Protection juridique, décence des conditions de travail, accès à la sécurité sociale, reconnaissance professionnelle, promotion de la dignité et du respect, identifient-elles pour les travailleurs domestiques. Pour l’Etat togolais, croient-elles fermement, cette ratification soutiendrait la promotion de la justice sociale mise en œuvre, la cohésion et l’inclusion sociales, la fin progressive du travail des enfants et créerait une économie de soin plus robuste…

Au regard de tous ces impacts potentiels, les centrales syndicales attendent du gouvernement d’enclencher le processus de ratification suivant deux étapes : l’établissement d’une feuille de route sur la base de la recommandation de l’Analyse de la législation et de la pratique nationales du Togo au regard de la C189 (2013) et la mise en œuvre de cette feuille de route. Ce faisant, il rejoindrait le cercle fermé des pays africains ayant ratifié ladite Convention parmi lesquels l’Afrique du Sud (juin 2013), et plus récemment la Cote d’Ivoire (avril 2025) et l’Angola (juin 2025).

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