lundi, avril 13, 2026

Le CIRPEF sensibilise les acteurs de la filière bois au respect du Code forestier

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Au Conseil interprofessionnel de régulation et de promotion des essences forestières (CIRPEF), l’on tient au respect de la Loi n°2008-009 portant Code forestier et ses textes d’application régissant les activités dans la filière bois et au reboisement pour une couverture végétale idéale au Togo. A cette fin, le Conseil d’administration a enclenché une campagne nationale d’information, d’éducation et de sensibilisation des acteurs. Une première tournée menée cette semaine a conduit la délégation dans une dizaine de localités des régions Maritime et des Plateaux.

Bien-fondé de la campagne

Jean Kokou Adeti, le PCA du CIRPEF

« Depuis un certain temps, les acteurs ont constaté que le bois se fait rare sur le terrain. Et ils ont pensé que c’est le ministre (de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, Prof Dodzi Kokoroko, Ndlr) qui a arrêté l’activité. Mais c’est plutôt pour réglementer le secteur», plante comme décor le Président du Conseil d’administration du CIRPEF, Jean Kokou Adeti, à l’ouverture officielle de la campagne à Tsévié le mardi 3 février dernier. Et d’en annoncer les grands objectifs : expliquer les enjeux liés au secteur forestier, présenter le Code (forestier) et ses textes d’application, exhorter au reboisement, etc.

Richard Dansrou en pleine présentation à Tabligbo

La première partie de cette campagne nationale, placée sous le haut patronage du ministère de tutelle, a vu le CIRPEF sillonner du mardi 3 au samedi 7 février 2026 une dizaine de villes des régions Maritime et des Plateaux, pour apporter le message du respect du Code forestier et du reboisement aux acteurs de la filière. Ce marathon (sic) a conduit la délégation respectivement à Tabligbo (Yoto) et Tsévié le mardi 3 février, Tohoun (Moyen Mono) et Notsè (Haho) le lendemain, Badou (Wawa), Kougnohou (Akébou) et une partie à Sokodé (Tchaoudjo) le vendredi 5 février, et enfin Adeta (Kpélé) et Kpalimé (Kloto) le samedi 7 février. A chaque étape, étaient présents les acteurs de la filière de ces localités ou préfectures, mais également de celles environnantes.

Le Directeur Préfectoral de l’Environnement Danyi Kangni Ametitovi intervenant à Adeta

Rencontrant logiquement l’adhésion du gouvernement, l’initiative a connu aussi la participation des autorités administratives et locales, notamment les directeurs régionaux et préfectoraux de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, les préfets (ou leurs représentants), les maires, la cause – préservation de l’environnement – étant juste et nationale. « La déforestation constatée aujourd’hui au Togo nous mène droit dans le mur. Les changements climatiques que nous ressentons tous n’épargnent personne (…) La gestion durable des forêts incombe à tous. Car en même temps que nous profitons de ces forêts, nous devons penser aux générations futures», relève légitimement le Directeur régional Maritime de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, Lieutenant-Colonel Dr Mangola Bleza.

Déroulé de la tournée

Pour cette tournée, le CIRPEF a opté pour un mode participatif. Après le protocole d’ouverture marqué les discours de circonstance, la parole est systématiquement donnée aux acteurs locaux de la filière pour se prononcer sur comment ils mènent leurs activités et les difficultés rencontrées. Une séquence donnant lieu à un procès en règle contre le ministre de tutelle conçu par les acteurs du bois comme la source de leurs malheurs…

David Adangba lors de sa communication à Kougnohou

S’ensuit généralement une présentation sommaire du Code forestier faite de lecture de quelques articles (1er sur les généralités du Code, 3 sur la portée nationale des ressources forestières et la nécessité de les protéger, 110 et suivants sur les sanctions prévues en cas d’exploitation sans autorisation, etc.) par Richard Dansrou et David Adangba, respectivement 1er Conseiller du CIRPEF et Secrétaire Général de l’Association nationale des exploitants et importateurs de bois au Togo (ANEIBT). Une communication qui, tout au long de la tournée, a donné place à des débats assez houleux où, entre deux questions légitimes de compréhension, des participants exprimaient leurs ressentiments et déversaient leur fiel sur le ministre de tutelle. Des questions auxquels les présentateurs et le staff du CIRPEF se sont employés à répondre, bien accompagnés par les directeurs régionaux et préfectoraux et autres officiels aguerris…

Un acteur du bois posant une question à Kougnohou

Cette tournée aura mis en exergue l’ignorance notoire de l’existence du Code forestier et ses textes d’application par les acteurs du secteur, permis de déconstruire les rumeurs propagées, notamment les allégations de nouvelle loi (le Code forestier existe pourtant depuis 2008) et accusations d’interdiction de l’exploitation du bois portées contre Prof Dodzi Kokoroko, présenté comme la source de leurs malheurs, apporter des réponses concrètes aux inquiétudes, restituer des vérités sur le secteur…

Photo de famille des participants à la rencontre à Tsévié

Malgré la tension manifeste à certaines étapes dont Notsè et surtout Kpalimé où les acteurs croient fermement que leur frère ministre (sic) est venu leur pourrir la vie et ne se sont pas retenus de l’exprimer, parfois avec véhémence, à la tête du CIRPEF l’on se réjouit d’une mission accomplie. « C’est vrai que les gens ont énormément murmuré concernant le Code forestier. Assez étonnant parce que c’est un Code qui existe depuis 2008 (…) Mais au finish, beaucoup ont accepté de le respecter. Nous dirions que globalement, notre message est bien passé », confie Jean Kokou Adeti, dans une esquisse de bilan au terme de la tournée. Et d’assurer que le CIRPEF va transmettre au ministre les doléances et autres propositions formulées (signature rapide des autorisations, réduction de certains frais, davantage de sensibilisation sur le Code, réduction du prix du gaz domestique, etc.) pour une suite éventuelle.

Après cette première étape de la campagne, il est attendu une seconde phase devant conduire le CIRPEF dans les régions Centrale, de la Kara et des Savanes, pour le même exercice de sensibilisation des acteurs du bois sur le respect du Code forestier et le reboisement.

 

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